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Les trucs que je n’aurais jamais vécus si je n’étais pas partie vivre à l’étranger – 9

April 28, 2008 · No Comments

Les trucs qu’on fait avec des Espagnols: loisirs, vékendes et assimilés

 

On repart sur toutes les choses magnifiques qu’on peut découvrir quand on essaie d’adopter à l’étranger les modes de vie locaux – parce que c’est un peu ce qui est sympa à la base, essayer de vivre pas comme chez nous.

Or donc la dernière fois j’ai présenté ici-même quelques collègues madrilènes hauts en couleurs. Vous me direz que j’aurais pu croiser les mêmes en France. C’est vrai, mais bon, il se trouve que je les ai connus à Madrid. C’est comme ça.

 

Assez parlé de travail, passons à présent aux périodes de loisir. Que peut-on faire dans ces moments-là avec nos madrilènes? Voici un bref échantillon, qui exclut manger et boire, vu que ça on l’a déjà vu précédemment.

 

 

Les vékendes au vert (ou au jaune, au bleu, etc)

Une des activités les plus prisées le vékende, consiste à “aller au village”. Tous les madrilènes en ont un. Et ceux qui n’en ont pas, eh bien ils vont à ceux des autres. Alors en général c’est un tout petit village qui bien souvent ne les a pas vu naitre. Mais c’est de là que vient la grand-mère maternelle par exemple. En général le village a la particularité d’être vide en hiver et en semaine, puisque tout le monde vit à Madrid.

Mais là, les gens y gardent quand même la maison familiale, histoire de se ressourcer de temps en temps.

 

Et comment qu’on fait quand on n’a pas de village et qu’on ne veut pas aller à celui des autres? Et ben dans ce cas on va à la plage.

Alors la plage de Madrid s’appelle Valencia et tout son pourtour, qui est le Levante. C’est sur la Méditerranée pour ceusses qui connaissent pas.

 

Et c’est à cet endroit que Monsieur Toulemonde de Madrid a acheté à crédit un appart fait pratiquement sur le modèle de LE immeuble madrilène dont j’ai parlé dans le quatrième épisode. Sauf que les barres d’immeubles y sont plus hautes, les pièces un peu plus spacieuses et que les gens déambulent en tongs et en shorts, ah et puis que la mer est à quelques mètres aussi.

 

Pour y aller, à la plage de Madrid, il faut prendre la voiture et bloquer la voie rapide (la A3) avec toutes les autres voitures de madrilènes qui se rendent exactement au même endroit au même moment.

 

Moi on m’a invitée plein de fois, et comme je suis polie, j’ai pas pu toujours refuser, même si c’est vraiment pas pour moi des plans comme ça.

Une fois, j’étais dans un appart d’amis à Oropesa au dixième étage, et au troisième étage du même immeuble, il y avait une collègue à moi de Madrid dis donc. On se faisait coucou par le balcon et puis après on se retrouvait à la plage. Mais ça c’est normal: ce qui est difficile à la plage de Madrid, c’est de ne croiser personne qu’on connait, ça c’est vraiment dur.

 

 

Une alternative à la plage de Madrid, c’est aller se réfugier dans la Sierra dès que la température monte. Car le madrilène est comme moi: il déteste la chaleur. Mais vraiment, hein. Donc il a parfois acheté un appart dans la Sierra et il migre là en été, pour descendre ensuite tous les matins pour travailler à Madrid.

Comment que quelle Sierra? Bien la Sierra, tiens! Ah là là, pfff… Bon je vous aide, c’est celle-là: http://fr.wikipedia.org/wiki/Sierra_de_Guadarrama, aussi appelée Sierra de Madrid, mais en général, vous l’avez compris, c’est juste “la Sierra”.

 

 

Les sports

Des sports en vogue à pratiquer à Madrid sont par exemple le golf et le padel. Des fois il y a des courts de padel dans les z’urbanisations: c’est signe qu’elles sont plus chics que la moyenne.

Le padel, c’est un truc avec une raquette, genre tennis mais en plus petit, c’est aussi le sport qui a failli laisser aveugle mon collègue Fernando.

Mais je ne peux pas en dire plus parce que le sport j’y connais rien de toutes façons.

Non, par contre, pendant toute une époque j’avais réussi à changer d’horaire de travail (en commençant à 7h30 le matin et en finissant à 16h30-17h) et j’en profitais pour aller courir après le travail sur un chemin qu’ils ont fait au bord du périph. Et là je peux vous dire que courir tranquillement en regardant les gens énervés dans les embouteillages, c’est un vrai luxe.

 

 

Conduire à Madrid

Pour se sentir vraiment chez soi à Madrid, il faut conduire comme un madrilène. Sportif, quoi. Eviter les toutes petites cylindrées et les voitures qui n’ont pas de reprise, sinon vous allez vous faire bouffer! Alors c’est un peu stressant mais c’est très très bien quand même, et puis le matin, ça réveille. Moi je fermais les yeux et j’appuyais à fond sur l’accélérateur et les autres ont très bien réussi à m’éviter pendant toutes ces années. Moi aussi à mon tour je les évitais, c’était super. Non, vraiment, je vous le recommande, c’est un truc à faire, hein. Paris et son périph’ n’ont qu’à bien se tenir!

 

Se garer aussi c’est chouette. Depuis mon époque madrilène, je ne peux me garer vraiment bien que dans un mouchoir de poche. Pour un créneau, la bonne taille, c’est qu’une fois garé, il n’y ait la place pour passer ni devant, ni derrière, ou alors de profil en faisant bien attention.

A pratiquer: se garer au son, qu’ils appellent ça. Poum dans le pare-chocs de devant, poum dans le pare-chocs de derrière, voilà, c’est garé.

Moi j’avais une belle voiture rouge au début. Au bout d’un an je suis allée la porter à faire repeindre les pare-chocs parce que c’était plus rouges qu’ils étaient, mais mouchetés: style amanite tue-mouches. Ça commençait à faire mauvais genre.

 

Mon pare-choc après quelques mois à se garer au son madrilène:

(Photo: Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Amanita_muscaria_%28fly_agaric%29.JPG)

 

 

Prendre un bain de soleil

Mais si, il y a aussi des Espagnols qui le font…

Alors l’horaire pour bronzer, c’est en gros de 11h du matin à 13h, pas après parce que ça crame (par contre à ces heures-ci ça brule moins, selon eux). Et l’après-midi pas avant 18h (rapport à que ça brule avant). Entre temps, tout le monde reste chez soi, rideaux baissés et air conditionné à fond en attendant que la chaleur se tasse. A 21h les piscines des “urbanisations” sont pleines à craquer.

Mes amis espagnols étaient horrifiés quand je sortais le bout de mon nez à 16h pour profiter de la piscine. “Mais t’es folle! A c’t'heure-ci tu vas te cramer!” Et effectivement je me cramais, ben oui. Comme quoi ils avaient raison…

 

 

Activités z’artistiques: Le théâtre

Evidemment, des activités de loisirs dans une ville de 3 millions d’habitants, il y en a autant qu’on veut.

Et c’est comme ça qu’un beau jour je me suis décidée à m’inscrire à un groupe de théâtre amateur. Après avoir interprété un mini-rôle dans une pièce rigolote et franchement foireuse, un jour d’été que je m’ennuyais, je me suis présentée à un casting de comédie musicale.

 

Alors il faut savoir que s’il y a un genre que je déteste par-dessus tout, c’est la comédie musicale.

Mais je suis quand même allée au casting, car il y avait deux tâches à accomplir: chanter un extrait du truc, et interpréter un texte de son choix.

 

Et moi, je suis fan de Ionesco et ma grande frustration, c’est de ne jamais avoir pu représenter aucune pièce de lui.

Alors je n’ai fait ni une ni deux, j’ai sauté sur cette occasion inespérée: j’ai pris la scène finale de Rhinocéros, avec l’aide d’une amie je l’ai traduite, et je l’ai représentée au casting.

Et c’est comme ça que malgré mon mini-filet de voix j’ai été rappelée au second casting.

Ah là là j’étais contente avec mon Rhinocéros dis donc, et puis j’étais à peu près sûre de ne pas être sélectionnée à la fin, parce que le second casting c’était une chorégraphie. Or, je suis nulle en danse.

Eh là, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais ils m’ont prise quand même. Mince alors, ça c’était pas prévu dans mon plan et je n’ai pas osé me rétracter, après tout j’étais quand même contente d’avoir été choisie.

Du coup, c’est sur ce malentendu que je me suis retrouvée à répéter tous les soirs après le travail pendant des mois, pour ensuite interpréter un rôle dans une comédie musicale que je détestais.

Après les gens me proposaient d’aller voir d’autres spectacles du même genre, ils croyaient que c’était mon truc quoi; je savais plus comment refuser, c’était horrible.

 

 

Des activités il y en a bien sûr beaucoup plus, mais je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet.

Maintenant qu’on a vu quelques exemples de ce qu’on pouvait faire avec nos Espagnols, nous verrons la prochaine fois ce qu’il serait préférable d’éviter, histoire de vivre en harmonie…

Categories: Français
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